Le fascisme est une arme de destruction massive utilisée par le capitalisme en crise, dont la compréhension scientifique dicte notre stratégie de lutte actuelle.
Niveau 1 : Une définition scientifique stricte (Le fascisme n’est pas un simple autoritarisme, mais une pathologie politique spécifique)
Niveau 2 : L’usage émotionnel et galvaudé du mot “fascisme” empêche d’en comprendre la vraie nature.
- Niveau 3 (Preuves) : Le terme est utilisé à tort au quotidien (ex: traiter son père de fasciste lors d’un désaccord adolescent) ou par exagération politique désespérée (“tout le monde est devenu raciste/fasciste”, ce qui est aussi faux que de dire que toute la gauche est communiste).
- Niveau 3 (Preuves) : Il ne faut pas confondre le fascisme avec l’autoritarisme ou le racisme ordinaires, que presque tous les États capitalistes (même les démocraties avancées) utilisent couramment pour contraindre, exploiter et diviser afin de garantir leurs profits.
- Niveau 3 (Preuves) : Comme l’illustre l’historien Edward Hallett Carr dans La crise de 20 ans (en s’appuyant sur Marx), la science politique doit guérir les maladies du “corps politique”. Or, en médecine, toutes les tumeurs ne sont pas cancérigènes et tous les cancers ne sont pas mortels : l’existence de tendances d’extrême droite ne signifie pas qu’un régime fasciste (la phase terminale) est imminent.
Niveau 2 : Une véritable analyse nécessite d’observer les rapports de force entre les trois grandes classes sociales (méthode de Trotsky).
- Niveau 3 (Preuves) : La “Grande bourgeoisie” : les rentiers, les banquiers, les grands chefs d’entreprise et patrons du CAC 40.
- Niveau 3 (Preuves) : La “Petite bourgeoisie” : les petits propriétaires de magasins, les dirigeants de micro-entreprises et les petits paysans.
- Niveau 3 (Preuves) : La “Classe ouvrière” : l’ensemble des salariés, incluant les travailleurs indépendants subordonnés à de grandes entreprises (ex: les chauffeurs Uber).
Niveau 1 : La mécanique de la prise de pouvoir (De la révolte de la classe moyenne à l’alliance de la dernière chance avec les capitalistes)
Niveau 2 : Le mouvement fasciste naît initialement de la petite bourgeoisie ruinée par une crise économique.
- Niveau 3 (Preuves) : Il commence comme un sentiment “anti-establishment” de cette classe intermédiaire cherchant des solutions à la crise du capitalisme.
- Niveau 3 (Preuves) : Le cas de l’Italie de Mussolini (dont le terme “fascisme” tire son origine, en référence aux faisceaux de l’Empire romain) : selon le théoricien marxiste Ted Grant, l’Italie comptant peu de Juifs à l’époque, l’antisémitisme n’était pas l’arme initiale. La démagogie s’est concentrée sur l’opposition aux grands trusts et la défense de “l’homme du commun”, formant une milice composite (bandits, étudiants, chômeurs, fermiers, classe moyenne).
Niveau 2 : Les fascistes ne prennent le pouvoir que lorsque la grande bourgeoisie s’en sert pour écraser une révolution inachevée.
- Niveau 3 (Preuves) : Les mouvements fascistes classiques (Mussolini en Italie, Hitler en Allemagne, Franco en Espagne) sont restés très faibles et peu influents pendant longtemps face à une gauche ouvrière alors bien plus puissante.
- Niveau 3 (Preuves) : La prise de pouvoir fasciste n’intervient qu’après une longue “crise révolutionnaire non résolue”. La classe ouvrière, bien que forte, est épuisée et démoralisée par les opportunités manquées.
- Niveau 3 (Preuves) : C’est à ce moment de désespoir que les capitalistes, terrifiés à l’idée de perdre leur propriété privée via une révolution socialiste, confient de façon opportuniste et à contrecœur le pouvoir à cette clique de “fous furieux” afin de restaurer l’ordre en noyant la crise dans le sang des ouvriers.
Niveau 1 : Le régime fasciste en action (La destruction totale des travailleurs et l’instauration de la terreur)
Niveau 2 : La première mission du régime est l’anéantissement physique et total du mouvement ouvrier.
- Niveau 3 (Preuves) : Il utilise conjointement son nouvel appareil policier/bureaucratique étatique et des organisations paramilitaires de masse (comme les “Chemises brunes”).
- Niveau 3 (Preuves) : Les actions sont radicales : assassinats de militants, destruction du matériel, et saccage des bâtiments affiliés aux syndicats, aux partis ouvriers et aux communistes.
Niveau 2 : Une fois la gauche détruite, le régime se retourne contre sa propre base sociale et verrouille la société.
- Niveau 3 (Preuves) : Le régime effectue un virage à 180 degrés et réprime brutalement le mouvement de masse de la petite bourgeoisie qui l’a porté au pouvoir.
- Niveau 3 (Preuves) : Il se mue en dictature militaire contrôlant tous les rouages de l’État (justice, police, armée), de la vie intellectuelle (médias, éducation, recherche scientifique, art) et de la société civile (organisations de jeunesse, associations).
- Niveau 3 (Preuves) : L’idéologie est imposée par la terreur : exécutions publiques des récalcitrants, soldats et espions à chaque coin de rue, autodafés massifs de livres. Le régime prétend être anti-système mais protège en dernière analyse la grande finance et l’industrie.
Niveau 1 : L’analyse de la menace actuelle (Une violence physique réelle mais une base structurelle trop faible pour un régime fasciste)
Niveau 2 : L’extrême droite accumule des succès mondiaux spectaculaires en capitalisant sur une société profondément malade.
- Niveau 3 (Preuves) : L’extrême droite prend le pouvoir ou s’en approche mondialement : Trump aux États-Unis, Milei en Argentine, Modi en Inde, Le Pen en France.
- Niveau 3 (Preuves) : Les percées électorales en Europe s’accélèrent : l’AfD en Allemagne réalise de très bons scores récents ; le FPÖ autrichien (descendant direct de la branche locale du parti nazi) a obtenu la majorité aux dernières élections législatives avec 29% des voix.
Niveau 2 : Cependant, les conditions d’installation d’un véritable régime fasciste ne sont pas réunies aujourd’hui en France et en Europe.
- Niveau 3 (Preuves) : La base sociale historique du fascisme a fondu : la petite bourgeoisie et la paysannerie se sont massivement prolétarisées (devenues salariées).
- Niveau 3 (Preuves) : La classe ouvrière est numériquement dominante et structurellement imperméable au fascisme. Preuve historique : même à son apogée lors des élections de 1932, le parti d’Hitler a fait un score quasi nul chez les travailleurs industriels organisés (et un score très moyen chez les autres travailleurs/chômeurs).
- Niveau 3 (Preuves) : La bourgeoisie actuelle craint le chaos et cherche à endiguer l’extrême droite pour éviter une réaction massive des travailleurs, contraire à ses intérêts : cela explique la dissolution de groupuscules néonazis ou du GUD par Darmanin, et l’hostilité des dirigeants envers des populistes comme Trump ou Le Pen.
Niveau 2 : Malgré cette incapacité structurelle à prendre l’État, les groupuscules fascistes constituent une menace physique meurtrière exigeant une riposte proportionnée.
- Niveau 3 (Preuves) : La recrudescence des agressions violentes est factuelle : mobilisation choquante de 30 000 fascistes à Londres attaquant migrants et squats ; émeutes racistes récentes au Royaume-Uni ; attaque transphobe en France par 5 membres du GUD sur un jeune de 19 ans (“vivement que Le Pen soit au pouvoir”) ; assassinat d’un jeune militant du KKE par Aube Dorée en Grèce.
- Niveau 3 (Preuves) : L’objectif politique de ces attaques est clair : intimider la population et décourager toute action militante contre le système.
- Niveau 3 (Preuves) : Stratégie de riposte : Il faut soutenir massivement les mobilisations antifascistes pour renvoyer ces “dégénérés” à leur place. Toutefois, la stratégie globale du mouvement ouvrier doit garder “le sens des proportions” et exploiter l’espace démocratique encore disponible, nos sociétés n’étant pas (encore) des régimes de terreur fasciste accomplis.